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Live report KOKIA "VIP" à Paris - Café de la Danse (23-03-2008)
Par T'CharleS, le 03-04-2008 à 15:54:00
Avec ses 250 places, le concert VIP de KOKIA au Café de la Danse avait tout de l'événement select, sentiment renforcé par la promotion le présentant comme un pendant intimiste et alternatif du concert à la Mutualité. Le pari commercial ne semblait pas pour autant gagné d'avance puisque la concurrence de ce dernier doublée du prix des places et majorée par des souvenirs souvent mitigés de la setlist du Bataclan laissaient présager quelque difficulté à remplir la salle. Il n'en fut rien ! Au final, que ce soit par attrait pour la rareté ou espérance d'une performance dépassant celle de l'Espace Saint-Martin, le live du samedi fût le premier sold-out ! Comme quoi bien malin celui qui peut prédire à coup sûr ce qui arrêtera les fans...
KOKIA Intime Paris Café de la Danse
C'est donc dans un Café de la Danse où il ne reste plus la moindre place assise que KOKIA fait son entrée, vêtue d'une robe sombre qui, bien qu'assez informe comme souvent, n'en est pas moins plus sobre et globalement plus seyante, ce qui ne fait jamais de mal. Par ailleurs, si les lumières de la salle sont minimalistes, elles ont le bon goût de conserver l'atmosphère tamisée qu'on pouvait attendre d'un concert plus intimiste et plus privé que la moyenne. Enfin, côté musiciens, on peut voir le percussionniste Yasuhisa Yamamoto et le guitariste Kazuhiro Matsuo aller prendre place. Pas de pianiste : Taisuke Sawachika, pourtant présent la veille n'apparaîtra pas, KOKIA prenant en charge l'intégralité des parties de clavier.

■  KO Technique ?

Tout juste quelques mots d'introduction et commence The Power Of Smile ~a gentle breeze~ qui donne tout de suite le ton : un sans faute collant au plus près à la version studio. Voilà qui augure du meilleur, d'autant que l'acoustique de la salle se révèle bonne malgré la petite taille de celle-ci. Et pour ce qui était de la perfection technique, ce n'est que le début. En effet, les choses sérieuses commencent avec les premiers accords de Tsugi Au Toki wa : exit le doux bercement de la bossa à papa et place au lyrisme, domaine de prédilection de la chanteuse, le tout mis en valeur par un accompagnement dépouillé. Les notes montent sans retenue, la voix se fait pleine...et le public est sous le charme.

KOKIA Intime Paris Café de la Danse
Le concert étant alors suffisamment entamé pour que la glace soit brisée, KOKIA décide de procéder à la présentation de ses musiciens. Tout cela se fait très majoritairement en japonais (bien que les quelques mots de français soient chaleureusement accueillis) mais ce ne semble pas perturber pour autant le public qui réagit, commente et approuve, tantôt en français, tantôt en japonais, tantôt dans des combinaisons improbables de langages. Kazuhiro Matsuo, dont KOKIA avait comparé l'an passé au Bataclan la coupe de cheveux à un champignon, demeure souriant et stoïque tandis que la foule scande "Mush! Mush! Mush!" sous les encouragements de la chanteuse, qui semble prendre un plaisir certain à réitérer la métaphore fongique. Quant à Yasu le batteur, il fait forte impression en se présentant lui-même en français et anglais, expliquant au passage à quel point il est heureux d'être en France, pays qu'il juge d'autant plus merveilleux qu'il n'en avait aucune connaissance quelques jours auparavant ! Apès d'amples applaudissements, le concert reprend.

L'atmosphère change et l'on entend à présent des notes éparses de guitare et des percussions jouant sur des sonorités sylvestres qui marquent avec douceur le début de Hana, dans une interprétation acoustique grandiose où les vocalises se font extra-larges tandis que les basses profondes et syncopées du cajon se déroulent dans la salle. Une véritable réussite, infiniment supérieure à la version de l'album trip trip. Les heureuses surprises continuent avec DESPERADO, magnifique reprise des Eagles qui profite considérablement de l'interprétation live où elle acquiert l'envergure qu'elle aurait mérité d'avoir en album. Et pour enfoncer le clou, on conclut la série avec un dandelion tout en finesse et surtout délicieusement à contrepied des habitudes puisque se passant intégralement de percussion pour ne s'articuler qu'autour de la guitare. Quoique pour être exact les percussions se font attendre... jusqu'à ce que les spectateurs, n'y tenant plus, décident tout à coup de s'occuper eux-mêmes de la partie rythmique ! La chose fut heureusement exécutée avec un enthousiasme suffisant pour compenser un sens du rythme des plus fantaisistes. Tant et si bien que malgré des handclaps arythmiques la chanson laisse tout le monde satisfait, ce qui est l'essentiel.

■  Où parfois on souhaiterait plus d'audace dans la voix et moins dans le micro...

KOKIA Intime Paris Café de la Danse
C'est alors le moment pour KOKIA d'aller s'installer au clavier, tâche qui lui prend un temps impressionnant puisqu'elle en profite pour plaisanter avec une partie du public, s'étonnant notamment que les spectateurs ne souffrent pas autant de la soif qu'elle (il faut dire que ceux-ci ne chantent guère, ce qui est très certainement une bonne chose puisqu'il serait bien difficile d'être à la hauteur de la tâche). Après cet intermède, on entame un doublé Time To Say Goodbye / arigatou en piano/voix. Une fois de plus la performance est on ne peut plus à la hauteur mais hélas entachée par une reverb excessive sur le clavier et le chant. Hors si l'idée était bonne pour élargir artificiellement la salle pendant les chansons au piano, l'effet tourne un peu au vinaigre quand KOKIA se met à tenir ses notes suffisamment longtemps pour se retrouver en compétition avec l'écho de sa propre voix... heureusement rien de rédhibitoire mais ce n'en est pas moins regrettable, d'autant que les responsables de la sonorisation avaient fait un boulot remarquable par ailleurs.

Vient alors le moment de l'entracte, des spéculations enflammées sur la suite de la setlist et des arrêts au stand goodies, puis après une quinzaine de minutes les musiciens remontent sur scène, accompagnés d'un éléphant en peluche rose qui semble annoncer le très attendu Pinku no Zou, véritable hymne de la chanteuse en France depuis son premier concert. Mais un peu d'attente sera de mise puisqu'on reprend avec Uchuu ga où, tandis que KOKIA semble ne plus connaître de limite dans ses montées, Kazuhiro se met à marquer son jeu de tout son corps comme un jazzman, démontrant ainsi malgré un visage toujours impassible et concentré que même dans le lyrique on peut trouver un peu de groove... La relève arrive en force puisque Yasu préparait ses percussions pour l'éléphant : sur Pinku no Zou il réalise un accompagnement remarquablement équilibré, et ce malgré un public qui a décidé de se remettre à taper dans les mains, toujours de façon... perturbante. Il faut dire que la chanson était hautement attendue tant pour ses vocalises cristallines que pour les "paon paon" repris en choeur par un public définitivement acquis à la cause du pachyderme. Seul regret : contrairement aux années passées, KOKIA n'aura pas pris le risque de chanter l'introduction de la chanson à sa hauteur habituelle, préférant la prendre une bonne quinte au-dessus. C'était techniquement parfait mais on est loin de la claque absolue que le public avait reçue à l'Espace Saint-Martin en entendant une voix excessivement grave et pleine suivi immédiatement après d'harmoniques aériennes.

KOKIA Intime Paris Café de la Danse
L'ovation est tout de même de mise et KOKIA en profite pour parler un peu, annoncer qu'elle a un concert le surlendemain à Bruxelles ("Ah bon, vous saviez ? Ah, certains d'entre vous y vont aussi ? Vraiment ?") Ca fait un peu entendu mais c'est de bonne guerre et ça lui donne le temps de s'installer à nouveau au piano pour Futari no Musume où elle tombe un instant le masque de la performance technique pour livrer une interprétation véritablement poignante. Puis les musiciens rompent le silence avec la rythmique faussement andalouse qui caractérise le début d' Usaghi, d'autant plus espéré par les fans qu'inédit en album. Sur le début le public tente vainement de suivre les percussions de Yasu qui de son côté lutte un peu pour rester régulier mais la difficulté est telle que même les plus motivés cessent de taper dans les mains assez vite, pour le bonheur de tous car la chanson est une petite merveille d'intensité et de charisme. Et d'ailleurs les spectateurs saluent avec véhémence ce moment fort du concert. S'en suit un retour au calme avec Cosy Place et sa simplicité pleine de candeur qui, elle aussi, se révèle être une bien plus belle chanson en live qu'en studio. Et puis pour boucler la boucle et laisser la langueur faire monter le besoin d'un encore, KOKIA délivre une interprétation propre sur elle de Sigh. C'est bien fait, c'est joli, mais ça laisse sur sa faim... ce qui tombe bien puisqu'on ne conçoit pas un concert sans un bis voire un ter.

■  Euh... c'est la fin là ou pas ?

Ce qui doit arriver arrive : les musiciens quittent la scène suivis par la chanteuse sous les vivas des fans qui scandent, tapent du pied, applaudissent crescendo pendant cinq longues minutes au terme desquelles KOKIA réapparait avec Kazuhiro pour remercier son public et déclarer que comme elle ne peut pas exprimer ce qu'elle ressent avec des mots, elle va chanter à la place de parler. Comme précédemment ça fait assez convenu mais c'est bien amené. Et puis la version de Itsuka Dareka wo Aishita Toki se révèle très jolie et le public semble ravi. Les applaudissement fusent et étonnamment on voit la chanteuse et le guitariste repartir immédiatement en coulisses à peine la chanson finie.

KOKIA Intime Paris Café de la Danse
Du coup les applaudissements redoublent et les appels à un second encore se font pressants puisqu'on n'a jamais vu un concert se terminer sans un salut formel de tous ses participants. Les spectateurs se sentent privilégiés et l'humeur générale est à l'euphorie puisque c'est la première fois que KOKIA, comme la très forte majorité des artistes japonais, semble transgresser la règle d'un encore simple, court et somme toute terriblement consensuel. La standing ovation dure, dure, dure tandis que le doute commence à apparaître sur certains visages et qu'une incompréhension angoissée plisse ne nombreux fronts. Et c'est le drame : contre toute attente il ne se passe rien. Pire encore, une vague musique de fond se fait doucement entendre, signal classique qu'il faut vider la salle. Mais l'on n'y croit pas encore et les gens hésitent à sortir tant la situation est tragiquement absurde. Et puis la rumeur se répend : KOKIA aurait fait le même coup la veille ! Ceux qui n'y étaient pas ne veulent y croire mais les faits sont là et soudain la salle se vide comme une baudruche percée, déversant dans les rues parisiennes des fans déchirés entre le bonheur et l'indignation.

Il en reste pourtant quelques uns dans la salle qui espèrent encore pouvoir saluer leur idole ou peut-être même décrocher un autographe. Quelques admirateurs de Kazuhiro sont avec eux, certains qu'ils arriveront bien à le croiser quand il viendra chercher sa seconde guitare, la première ayant été saisie furtivement lors de la fuite finale vers les coulisses. Hélas, ni les uns ni les autres n'auront gain de cause : KOKIA sera aperçue alors qu'elle s'en va subrepticement par un côté, laissant juste aux fans un rapide signe de la main. Quand à la guitare restée sur scène, elle restera orpheline de son musicien puisque c'est un membre du staff qui viendra s'en occuper. Pourtant, par chance, le drame ne sera complet : Yasu réapparait après quelques minutes en coulisses pour démonter son set de percussions et voyant les fans qui se pressent autour de la scène, il décide d'aller au devant d'eux et se prête au jeu des autographes et des photos, le tout avec une bonne volonté et une gentillesse confondante. Si bien qu'au final et de la façon la plus imprévisible, chacun s'en retourne le sourire aux lèvres.

A l'heure du bilan, en ces temps où la subjectivité est parait-il mère de tous les vices, de la guerre dans le monde et de la crise du crédit, jouons un instant le jeu de la froide honnêteté au risque d'être taxé d'une fausse objectivité. Ce concert VIP, s'il n'avait de réel caractère VIP que le prix et le nombre des places, a été une franche réussite. En particulier, la qualité technique des interprétations a été simplement irréprochable et bien que la setlist contenait peu de morceaux fédérateurs, l'émotion n'a pas été absente, loin de là. Pour autant, et malgré l'heureuse présence d'Usaghi, on aurait bien aimé un peu plus d'inédits, de chansons rares ou d'audaces dans l'interprétation qui auraient donné un caractère bien plus exceptionnel à ce live. Mais malgré tout c'est toujours un grand plaisir de retrouver la voix de KOKIA en concert avec de vrais musiciens. Maintenant au chapitre des regrets et des reproches, je n'en vois qu'un : ce comportement aussi étrange que peu professionnel sur la fin du spectacle qui aura laissé le public dans une incompréhension gênée voire un peu offensée, ne sachant ce qui lui valait d'être traité ainsi. Mais gageons que ce souvenir malheureux s'évanouira vite, éclipsé par l'intervention providentielle de Yasuhiro qui a gagné ce jour là l'affection et le respect des fans tout en parachevant ce concert sur un point d'orgue des plus heureux. Alors une chose est sûre : vivement l'année prochaine* avec on l'espère la même équipe gagnante pour un live qui associerait peut-être la perfection technique de celui-ci avec la pure émotion du premier concert en France !


*(C'est un peu plus qu'un voeu pieux, le staff chargé des commentaires post-concert m'ayant donné rendez-vous en 2009 après m'avoir promptement interviewé et s'être fait enfermer à l'extérieur par le videur du Café de la Danse !)

Photos : T'CharleS (sauf 1ère : Kervala) - Reproduction et réutilisation interdites
Merci au staff de KOKIA et à toute l'équipe de Paris Visual Prod


Setlist :
01- The Power Of Smile ~a gentle breeze~
02- Tsugi au toki wa
03- Hana
04- DESPERADO
05- dandelion
06- Time To Say Goodbye
07- arigatou
08- Uchuu ga
09- pinku no Zou
10- Futari no musume
11- Usaghi
12- Cosy Place
13- Sigh
ENCORE
14- Itsuka Dareka wo Aishita Toki
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