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Live report L'Arc~en~Ciel - Zénith de Paris (09-05-2008)
Par Shito, le 14-05-2008 à 00:24:00
Ce n'est un secret pour personne : les chanceux rédacteurs de sites généralistes sont généralement invités par les organisateurs de concert, un privilège qui récompense le travail d'information fait en amont de l'évènement tout en nous permettant de le couvrir dans les meilleures conditions possibles. Il est toutefois des occasions où, le rédacteur que je suis étant avant tout un fan, je me plais à vivre l'évènement au milieu de mes semblables, plutôt qu'isolé sur les sièges réservés à la presse gagnés au prix d'âpres négociations avec des labels qui n'en ont rien à faire de votre travail et ne sont là que pour assurer la promo japonaise de leurs poulains. Voici 10 ans que mimu existe, précédé par son grand frère v-stuff, et 10 ans que je suis la carrière de L'Arc~en~Ciel, le premier groupe japonais qu'il m'ait été donné d'entendre. C'est donc en fan que je me suis rendu en ce concert, et en fan que je rédigerai ce live report (qui s'annonce long) à la première personne. Pour les reportings ultra-pro et dénués d'âme il faudra aller voir ailleurs !
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Commençons par un bémol : l'organisation. Le terme de catastrophe aux files d'attente est à ce titre un doux euphémisme tant les spectateurs ont pesté contre le manque de signalisation, ou plutôt l'excès de signalisation, le fameux panneau sur les échanges obligatoires des billets électroniques ayant alimenté de nombreuses et longues conversations. Certains étant arrivés depuis plusieurs jours, c'est une foule ultra-compacte qui se trouvait devant le Zénith lorsque les portiques se sont enfin ouverts, avec une trentaine de minutes de retard sur l'horaire officiel. Si jusque là l'ambiance était restée irréprochable, bon enfant et très cosmopolite, les quelques caricatures de fans pathétiquement costumés que les media français n'ont pas manqué de présenter comme majoritaires (alors qu'il n'en était rien, loin de là) sont entrées en action. Note pour plus tard : dans une file d'attente de concert Jrock, ne surtout pas obstruer le chemin d'une fangirl, a fortiori lorsqu'à 16 ans elle traîne avec elle 95kg d'immaturité bien enroulés dans leur filet de résille. Tandis qu'à l'entrée certains sont déjà pris de malaise sous la pression de la foule, les furies des premiers rangs qui ont passé la fouille (ultra-minimaliste, je peux témoigner du fait que plusieurs couteaux sont passés sans encombre dans le sac des uns et des autres) se ruent déjà comme des vautours sur les stands de goodies, lesquels se sont illustrés par leur cruel manque de personnel : un comble quand on imagine la fortune qui a été amassée pendant la soirée, la concentration en billets de 50 euros tenus à bout de bras par des consommateurs n'ayant manifestement aucun problème de pouvoir d'achat ayant battu des records.

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Venons en maintenant à la polémique qui a fait rage dans les derniers jours sur les chiffres de la billetterie. On a entendu tout et n'importe quoi, et la réalité est la suivante : au commencement du concert les gradins étaient pleins au moins aux 4/5 tandis que la fosse était compacte sur facilement les 2/3 de sa profondeur. On peut donc tabler sur 4500 à 5000 spectateurs, la précision n'ayant pour le coup absolument aucun intérêt puisque l'essentiel est que le Zénith ait donné au groupe (et aux caméras !) la très nette impression d'être plein à craquer. Et dès les premières notes des derniers réglages son, la foule a d'ailleurs bien fait savoir qu'elle comptait faire honneur à ses idoles, tant les clameurs ont fusé pendant les minutes qui ont précédé le début du show. Il fallait d'ailleurs à nouveau avoir l'intelligence de ne pas chercher à atteindre l'avant de la fosse, sous peine de voir ses tympans explosés par des hurlements porcins, venus de ces mêmes fangirls qui un peu plus tard se lanceront dans des pogots non assumés qui leur vaudront de se faire écrabouiller les pieds et exploser la cage thoracique par des spectateurs "normaux" eux, définitivement exaspérés !

■  Et la lumière fut

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A 20h10 enfin, sous les hurlements enthousiastes d'une foule déjà acquise, les premières notes de get out from the shell résonnent tandis que le groupe apparaît en ombre chinoise sur le rideau, où sont projetées des animations. Couverte par les cris, la voix de hyde est presque inaudible, mais lorsque le rideau tombe et que le show, retransmis sur deux écrans géants de part et d'autre de la scène, commence réellement, c'est avant tout le charisme monstrueux de ce petit bout de chanteur presque quadragénaire d'1m58 qui frappe. Les premiers morceaux s'enchaîneront très vite : Driver's High puis Killing Me permettent à L'Arc de se chauffer, et surtout de se rendre compte que le public est lui chaud depuis longtemps : jamais dans ce contexte je n'avais vu foule plus enthousiaste, public plus connaisseur, ambiance plus chaleureuse, visages plus heureux, sans pour autant tomber dans l'excès de pathos si l'on excepte encore une fois l'avant de la fosse, où déjà des évacuations d'urgence ont été nécessaires. Les plus hallucinés par la situation n'étaient toutefois pas ceux que l'on croît : arborant un sourire jusqu'aux oreilles, Ken a manifestement pris le plus grand pied de toute sa carrière, tant il a semblé rassuré aux premières secondes, sidéré lorsque le public a repris avec hyde les refrains de Driver's High, et comblé tout au long des deux bonnes heures qu'aura duré le show. hyde pour sa part a joué à la perfection son rôle d'aguicheur de première, enchaînant tous ses poncifs, du coup de langue coquin sur les lèvres au déhanché ultra-féminin en passant par les rugissements d'outre-tombe. A noter que si sa performance vocale sur les premiers morceaux était d'une qualité contestable, on ne peut pas dire que cela ait posé beaucoup de problèmes dans la mesure où son chant était le plus souvent couvert par celui de la foule ! Déjà au 7ème ciel, la foule succombe définitivement au charme du chanteur au moment du premier speech : "Bonsoir, nous sommes L'Arc~en~Ciel. (...) Je suis content de rencontrer des parisiennes. Ce concert est diffusé en direct au Japon. Vous êtes chauds ? Montrez-nous de quoi vous êtes capables !", le tout en français dans le texte s'il vous plaît !

Passé l'émerveillement des premières minutes, on peut s'intéresser à la scène, superbe et témoignant d'un budget conséquent, pas tant par le décor de bateau fantôme déjà très réussi que par la qualité des éclairages, riches, variés et particulièrement bien utilisés au fil des morceaux. Et puis avec DRINK IT DOWN vient la prise de conscience : oui, L'Arc est un groupe de rock, et il aura fallu attendre de les entendre en live pour s'en rendre compte. A ce titre quiconque, moi le premier, pouvait prétendre connaître le groupe après je ne sais combien d'années passées à écouter tous leurs disques et visionner tous leurs CDs a dû se rendre à l'évidence : nous n'y connaissions rien. Qu'il s'agisse du pouvoir fédérateur des morceaux, de l'osmose entre les membres du groupe, du sens de la mélodie, du charisme sur scène et surtout du rendu live servi par une basse habile, une guitare électrique tantôt entraînante et tantôt déchirante, une batterie ô combien percutante et un chant ravageur, il n'y a définitivement aucune comparaison possible entre les supports enregistrés et ce que les spectateurs ont pu vivre dans la salle. Un contraste qui peut paraître évident mais qui s'est avéré clairement plus éloquent ici que sur tous les concerts rock qu'il m'ait été donné de voir à ce jour. Difficile à ce titre de faire ressortir les temps forts de ce spectacle tant sur toute sa longueur il fut exceptionnel, avec une ambiance qui à aucun moment n'est retombée : c'est ainsi que la foule a accueilli DAYBREAK'S BELL avec toujours plus de ferveur, et profité du spectacle offert par un groupe qui occupe la scène avec énormément de savoir faire, Ken se montrant presque touchant tant il semblait heureux d'être là !

Passé l'émerveillement initial aussi, les chansons s'enchaînent moins vite, et l'on peut se montrer un peu plus attentif à la performance individuelle de chacun des artistes. Comme à son habitude, hyde se montre assez inégal : winter fall compte moult passages complètement faux (bien que depuis la fosse on ne s'en rend que difficilement compte), mais la piste suivante Kasou est par contre impeccable ! winter fall est aussi l'occasion d'apprécier pleinement pour la première fois l'une des marques de fabrique de L'Arc : ces longues notes aigues à la guitare électrique que Ken tire avec tant de brio, des notes qui tout au long du concert auront fait frissonner bon nombre de spectateurs de plaisir. yukihiro est comme à son habitude très concentré mais n'en livre pas moins une performance exceptionnelle, parsemée de nombreux sourires qui en disent long sur sa joie de jouer ici. La seule interrogation concerne en fait l'humeur de tetsu, très en retrait durant l'ensemble du show, bien que sa prestation n'ait à souffrir d'aucun reproche sur le plan purement musical : son adresse est ainsi bluffante sur l'excellent My Dear, dont le final s'avère par ailleurs déchirant servi par des chorus très haut perchés de Ken. Ken qui, soit dit en passant, se fait régulièrement siffler lorsqu'il a le malheur d'apparaître avec son inévitable clope au bec !

■  "Sautez !!!!"

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Tandis que les extractions de fans défaillantes se poursuivent de façon parfois musclées à l'avant, L'Arc déroule une setlist tout simplement fabuleuse face à un public dont l'attention ne retombe toujours pas. La foule accompagne ainsi la batterie de yukihiro de ses claquements de main (synchro pour une fois, le public de Laruku serait-il un peu plus musicien que celui de KOKIA ?) sur forbidden lover, chante avec hyde sur les refrains et s'offre un solo somptueux sur le pont de l'immense MY HEART DRAWS A DREAM, et saute sur place comme un seul homme à la demande de hyde sur le festif Caress of Venus, tandis que les artistes semblent aussi heureux que leurs fans et parcourent joyeusement la scène en échangeant sans cesse avec les spectateurs. Grandiose ! L'atmosphère prend une tournure plus rageuse sur le vrombissant REVELATION, où les "Hey !" furieux lancés par les spectateurs connaisseurs et complices résonnent dans toute la salle, venus de la fosse comme des gradins où la majorité des fans est également debout depuis longtemps !

C'est au tour de ken de livrer ensuite son petit discours, préparé sur papier : "Hello ! Vous vous amusez bien ? Enjoy ? Etoooo... ne! Moi je m'amuse bien, j'adore la France, j'adore l'Europe !" ken explique alors notamment son affection pour le foie gras, dont des photos défilent sur les écrans géants, avant d'enchaîner : "Vous êtes chauds ? Next song is SEVENTH HEAVEN !". Et là... c'est le drame ! Les artistes débutent cette chanson très populaire dans une ambiance de folie, tandis qu'une explosion fait pleuvoir une salve de cotillons sur la foule. Mais quelque chose ne va pas : juste après l'explosion, on n'entend soudain plus la guitare. hyde et tetsu continuent de jouer tout en se retournant vers ken, lequel n'est plus visible de la fosse. Et puis finalement, hyde interrompt la prestation, baffouille quelques excuses et le quatuor quitte la scène. Ce n'est que 10mn plus tard que le groupe reviendra, ken prétextant avec humour être passé aux toilettes; en réalité il semble qu'il ait été légèrement blessé lors de l'explosion en question. Et malgré cette longue pause, il suffira à peine d'une trentaine de secondes pour que Laruku retrouve toute la concentration des fans, à la faveur d'une prestation complètement déchaînée. Le concert prend alors une tournure nettement plus festive. L'émerveillement se relâche pour faire place à de la complicité, et c'est dans une atmosphère complètement survoltée que Laruku entame Pretty girl, après quoi tetsu (et son maillot de l'équipe de France de foot noué autour de la taille) se déridera enfin un peu en envoyant ses traditionnelles bananes dans la fosse parcourue à ce moment précis par des effluves de cannabis dont on se serait bien passé.

■  Quand quatre quadragénaires font jouir 5000 personnes à eux tous seuls

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Je mentionnais plus haut la difficulté de mettre en relief les highlights d'un concert aussi engageant de bout en bout; mais s'il n'y avait qu'un passage à retenir, ce serait l'enchaînement Stay Away / READY STEADY GO qui a précédé la pause et le rappel. Comme à son habitude, le groupe s'est livré à un petit jeu de rôle en interprétant Stay Away en formation A : hyde à la guitare et chorus, et les autres musiciens passant chacun à leur tout au chant, ken jouant les batteurs lors de la prestation (hautement charismatique s'il en est !) de yukihiro. C'eût pu être le climax du concert si hyde n'avait pas ensuite repris les commandes, et de quelle manière ! Lorsqu'il s'écrie "ARE YOU FUCKIN' READY?", la réponse du public ne se fait pas attendre, et c'est ainsi que l'on a pu assister à un READY STEADY GO mené tambour battant par un Yukkie transcendé, à un tempo nettement supérieur à la normale, et incroyable de communion entre le groupe et ses fans. Tout simplement orgasmique ! La foule, lessivée par une telle prestation, mettra d'ailleurs beaucoup de temps à rappeler L'Arc avec une énergie digne de ce nom, mais c'est sous la hola générale que hyde, tetsu, ken et yukihiro vinrent achever leur concert dans une ambiance de fête, sous une boule à facettes particulièrement bien pensée quant à la gestion des éclairages. NEO UNIVERSE, HONEY et Link donnent encore l'occasion à hyde de faire la démonstration de ses talents vocaux, et le chanteur se risque même à venir au contact du public, chose extrêmement rare dans un concert de L'Arc.

Et puis vient finalement le temps de la dernière chanson. hyde s'empare une dernière fois du micro pour s'adresser au public : "On est L'Arc~en~Ciel, mais on n'était jamais venu en France. Maintenant on ne peut plus dire ça. Pour finir, chantez avec moi. Unissons-nous au delà des frontières. Vous voulez bien chanter ? Je t'aime la France ! C'est la dernière chanson : Anata." Tandis que le groupe déroule ce dernier morceau dans une ambiance gorgée d'émotion, servie par une interprétation déchirante (pas très juste, mais qui s'en soucie ?) de hyde, une pluie de plumes s'abat sur la scène. Et comme dans la grande tradition des concerts japonais du groupe, c'est le public qui reprendra seul, en choeurs, le sublime refrain d'Anata avant que hyde ne vienne mettre la dernière note à ce concert sur un hurlement déchirant. Le groupe quitte la scène, les lumières se rallument, le public abasourdi a encore des rêves plein les yeux et le sourire jusqu'aux oreilles, si tant est qu'il lui en reste. Il sera accueilli à la sortie par des vendeurs à la sauvette venus refourguer leurs posters de contrefaçon dont les tarifs étaient dégressifs au fil que l'on s'éloignait du Zénith.

Ebourrifant, euphorisant et épuisant, ce premier concert de L'Arc~en~Ciel a fait bien plus que tenir ses promesses. Pour l'ensemble des spectateurs présents ce fut la concrétisation de longs mois, de longues années souvent, à rêver de voir un jour sur scène l'un des groupes majeurs du marché musical japonais. Et nul doute au vu de l'ambiance exceptionnelle que le show a permis de surpasser, de loin, la satisfaction que l'on aurait pu ressentir à aller assister au même concert dans une salle japonaise. S'il est un constat à réaliser à l'issu de cet évènement, c'est d'ailleurs celui-là : peu importe que les media français aient pour beaucoup caricaturé L'Arc et ses fans, usant notamment de comparaisons impertinentes avec le phénomène TOKIO HOTEL; peu importe aussi que Sony n'ait strictement rien à faire de la communauté des fans et de la presse hexagonales, dans la mesure où ce concert n'était rien d'autre qu'une gigantesque opération promotionnelle destinée au marché japonais; peu importe enfin que les organisateurs se soient mis une fortune dans les poches à coup de goodies vendus à des tarifs exhorbitants; ce qui compte, finalement, c'est cette communion entre Laruku et ses fans européens, un échange dont la puissance et l'authenticité vont bien au delà des bémols mentionnés ci-dessus. Aussi pour finir, si vous permettez, je vais simplement laisser parler le fan : PUTAIN ce que c'était bon !!! On remet ça quand ?

Merci à Kervala pour les photos de la foule utilisées en illustration.

Setlist :
01- get out from the shell -asian version-
02- Driver's High
03- Killing Me
04- DRINK IT DOWN
05- DAYBREAK'S BELL
06- winter fall
07- Kasou
08- My Dear
09- forbidden lover
10- MY HEART DRAWS A DREAM
11- Caress Of Venus
12- REVELATION
13- SEVENTH HEAVEN
14- Pretty girl
15- STAY AWAY -formation A-
16- READY STEADY GO
---ENCORE---
17- NEO UNIVERSE
18- HONEY
19- Link
20- Anata
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