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Live report Akino Arai à l'Européen (10-04-2009)
Par Shito, le 19-04-2009 à 00:50:00
Trois ans après un premier concert français qui fut un vrai succès à la billetterie, Akino Arai nous fait le plaisir de repasser par l'Hexagone pour une tournée de deux dates à L'Européen (Paris). Une partie des fans des génériques d'anime de l'artiste avaient exprimé une certaine surprise, voire une déception, à la suite du premier concert : les réarrangements importants en avaient en effet dérouté plus d'un. Cette fois Akino a choisi de livrer un spectacle différent, plus acoustique. Pour une critique de spécialiste, direction le fansite de Van : il sera ici plutôt question de découverte !
(NB : Ce live report est basé sur le concert du vendredi 10 avril)

YANEKA
Ambiance très intimiste pour ce premier concert, dans un petit théâtre offrant une réelle proximité avec l'artiste. Le public a majoritaiement privilégié la date du samedi, si bien que les sièges les plus excentrés sont laissés libres, renforçant encore cette impression intimiste. Dans la salle, une vingtaine de japonais ont fait le déplacement depuis l'archipel pour assister aux deux concerts du week-end. Le cadre est en tout cas parfait, tout comme l'organisation d'ailleurs : aucun retard à déplorer, une très bonne gestion des entrées, des goodies en quantité suffisante et à tarifs honnêtes, et même une séance de dédicace improvisée le samedi soir : sur ce coup J-music Live réalise un sans faute.

Un mot pour commencer sur la première partie assurée par YANEKA. Le duo de frangins est désormais bien établi en France, où il enchaîne les prestations depuis maintenant un an. Et il constituait sans aucun doute un excellent choix d'introduction pour le concert d'Akino : leur univers electro-acoustique instaurant une ambiance un peu bohème trouvait ici un cadre parfaitement adapté. Avec le renfort d'un percussioniste local, YANEKA a livré une petite setlist de morceaux très plaisants, jouant sur des compositions non linéaires et la combinaison qui a fait leur réputation : des loops de guitare et percussions... à la guitare (un spectacle impressionnant), et des boucles vocales. Sur cet accompagnement, Chiyako livre une interprétation aux accents éthniques, avec de superbes envolées vocales et énormément de jeux de sonorités. Assurément, le groupe gagne à se faire connaître...

■  "Je suis très heureuse de revenir à Paris après 3 ans pour refaire un concert devant vous. Merci beaucoup d'être là ce soir !

Akino Arai est cette année venue accompagnée de deux musiciens : son arrangeur Hisaaki Hogari à la guitare, et le jeune violoniste Masahiko Tohdo. L'artiste fait son entrée dans une robe vert et marron (la pauvre ne devait pas savoir que le vert est proscrit sur les scènes françaises !) avec quelques accessoires dorés. Elle démarre d'entrée sur un morceau de son nouvel album, dont elle nous présentera d'ailleurs pas moins de 6 pistes durant ce live. Akino chante d'abord debout sur une bande instrumentale où la guitare et le violon peinent toutefois à se faire une place. Ce Kagami no kuni s'avère être une ballade finalement très classique dans la discographie de l'artiste, et c'est d'ailleurs un constat qui perdurera tout au long du concert : la plupart des morceaux pop acoustiques joués ce soir s'avèreront certes jolis, mais souffrent d'un excès d'homogénéité. Ces compositions d'Akino, construites sur une émotion simple et sobre, utilisent souvent les mêmes accords, avec une interprétation relativement linéaire, et souffrent parfois de quelques faiblesses sur les notes les plus aigues. Si bien qu'il est un peu compliqué de rentrer dans l'ambiance du concert, surtout après la variété et l'énergie déployées par YANEKA quelques minutes plus tôt.

Akino Arai
Le rendu est toutefois déjà plus plaisant lorsque l'artiste se débarasse de la bande instrumentale et se met au piano. Le positionnement du piano a manifestement posé quelques soucis dans l'organisation de la scène : trop grand, il aurait caché l'artiste à une bonne partie du public si elle avait joué de face; elle est donc contrainte de jouer de 3/4 dos, un compromis qui limite plutôt bien la frustration des spectateurs. Le rendu live 100% acoustique est excellent, d'autant plus que le violoniste livre une prestation superbe. Après en avoir rapidement raconté la genèse, Akino livre au public une première chanson en français : Mizu, une jolie ballade nostalgique sur le manque, assez émouvante en dépit toujours de ces accords typiques des productions de l'artiste. La prestation est bien sûr acclamée comme il se doit, récompensant notamment un superbe effort sur la prononciation française.

■  "Moi je vis sans foi. Je suis sans loi. Rien ne peut m'enchaîer (sic)"

Le concert prend ensuite une tournure un peu plus orientale, grâce encore une fois à une prestation impressionnante de Tohdo au violon : Lhasa est probablement le premier moment marquant de la soirée, grâce à une composition émouvante et une interprétation plus torturée où les faiblesses dans les aigus deviennent pour le coup un véritable atout, rajoutant une dose de souffrance tout en restant dans une grande sobriété. En fond, une diaporama d'images du Tibet remplace les animations qui s'enchaînaient jusque là, utilisant pour certaines les dessins d'Akino comme annoncé quelques jours avant le concert. L'artiste joue également avec les images projetées sur N.Y., où comme en 2006 elle chante en duo avec un double video dans un morceau là encore très réussi.

Akino Arai
Après un court virage plus electro ambient sur Inshou, Akino offre au public l'un de ses morceaux les plus connus et les plus appréciés : le superbe VOICES, dans une version extrêmement solennelle. Debout face à la scène, les yeux fermés, l'artiste très concentrée livre en effet une prestation impressionnante accompagnée du seul violon de Masahiko Tohdo. Bien que la ligne mélodique de l'instrument sonne parfois un peu disonnante par rapport à celle du chant, et même si la chanson a été manifestement transposée vers le bas pour ne pas trop solliciter la voix de l'artiste, le résultat est tout simplement superbe. L'enthousiasme des spectateurs sera d'ailleurs tel qu'ils auront la mauvaise idée d'applaudir avant la fin, une tradition française dont KOKIA a déjà été victime à plusieurs reprises ! L'émotion continue avec Hiru no Tsuki, lui aussi très réussi en version piano-violon, avec une performance vocale bien meilleure maintenant que la voix de l'artiste est chauffée.

Autre tradition française : celle de particulièrement bien aimer les chansons infantilisantes. Après avoir fait un triomphe au Pinku no Zou de KOKIA, le public français réserve là encore un accueil très chaleureux à Rêve et sa ritournelle joyeuse sur fond de beat dance. En dépit d'une moyenne d'âge assez élevée (les moins de 20 ans pouvaient se compter sur les doigts d'une main), la foule est conquise par cette chanson en français qui n'a pourtant rien à envier aux tubes d'Ilona Mitrecey ou Bébé Lily, quelles que soit les références culturelles prestigieuses qui sont à son origine. Qu'importe, au moins l'ambiance est assurée grâce à un refrain plus porteur qu'à l'habitude, et l'on se régalera même d'un solo de violon aussi sublime qu'inattendu. C'est encore Tohdo qui se distinguera sur le très attendu WANNA BE AN ANGEL, malheureusement un peu gâché par la bande instrumentale qui crache méchamment dans les enceintes et de grosses faiblesses vocales de la part d'Akino.

Après déjà près d'une heure 30 de concert le rappel est enthousiaste, d'autant que l'artiste a su profiter de l'atmosphère intimiste de la salle pour établir une proximité touchante avec les spectateurs. Installée au piano cette fois sans ces musiciens, Akino interprète une dernière chanson : Utsukushii Hoshi, une chanson aux refrains très doux qui impose une certaine solennité pour mieux distiller l'émotion via une interprétation touchante, là aussi renforcée par l'impression que les notes aigues ne tiennent pas à grand chose.

Le final de ce live est à l'image du concert tout entier : pas parfait, mais touchant, et c'est en fait très bien comme ça. Les spectateurs qui ont assisté aux deux représentations ont pour certains affirmé que le premier concert passait pour une répétition générale en comparaison au second. Toutefois le choix d'un concert faisant la part belle aux morceaux inédits et aux compositions pop acoustiques assez standard de l'artiste n'aurait probablement pas laissé une impression aussi positive dans une salle plus grande, où la distance avec le public aurait été plus difficile à combler et où il aurait fallu redoubler d'efforts pour conserver l'attention des spectateurs. Saluons donc la pertinence de la décision de J-music Live pour ces deux dates en petit comité au lieu d'une unique représentation dans un lieu plus imposant. Si Akino n'a pas complètement démontré cette année le génie que notre ami Van vante inlassablement depuis des années, elle a su donner aux fans français ce que beaucoup d'entre eux recherchent aujourd'hui : une complicité avec une artiste sensible, accessible et talentueuse. Akino Arai a déclaré dans plusieurs interviews vouloir s'atteler prochainement à des compositions spécialement destinées au public occidental : ne reste donc plus qu'à espérer qu'elle nous fera l'immense plaisir de revenir nous les présenter sur scène !

Un grand merci à Akino Arai et son staff, Damien Marronneau et l'ensemble du staff de J-music Live, ainsi que Emiko San Salvadore pour son aide à la traduction.
A lire également, notre interview d'Akino Arai
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