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Interview Sotte Bosse
Par Shimoa, le 09-06-2009 à 15:45:00
Sotte Bosse a réussi là où tout un tas d'autres ont échoué : formé de Hiroshi Nakamura, producteur de renom et notamment fondateur d'i-dep, et de la chanteuse Cana (qui collabore régulièrement avec i-dep), le duo s'est fait connaître avec une série d'albums de reprises qui ont connu un succès probant, avant de livrer progressivement ses compositions originales, elles aussi très bien accueillies. A l'occasion de la sortie du nouveau mini-album de Sotte Bosse, intitulé Way et disponible depuis le 27 mai 2009, nous vous proposons ici une interview exclusive que nous a accordée le duo il y a quelques jours.
■  mimu: Pour commencer, pourriez-vous vous présenter brièvement pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore ?
Cana: Eh bien, je suis Cana, la chanteuse. Avant Sotte Bosse, je chantais en featuring pour i-dep, le groupe de club music de Nakamura. Je chantais alors en anglais, mais d’une manière générale quand je fredonne c'est toujours en japonais. C'est en discutant tous les deux de faire de la musique « en japonais » qu’on est arrivé à la formation de Sotte Bosse.
Nakamura: Je suis Hiroshi Nakamura. J’ai vécu à Londres pendant un an, en 2000. Je suis originaire de la campagne et je voulais devenir music producer, il fallait donc que je déménage quelque part. Tôkyô, Londres,… j’ai comparé, hop hop hop, et (il claque des doigts) j’ai choisi Londres, car je voulais me faire des amis à l’étranger (rires). Un jour, j’ai envoyé trois demo CDs, respectivement à des labels anglais, japonais (Sony Music) et italien. Et je sais pas pourquoi, mais j’ai reçu une réponse du label italien me disant « Maybe we will work together » (rires), et c’est là-bas que j’ai commencé.

■  Votre nouveau mini-album Way sortira le 27 mai. Pouvez-nous vous en parler ? D’où vient son titre par exemple ?
Sotte Bosse - Cana
C: Dans la vie de tous les jours, pour chacun d’entre nous, j’ai l’impression qu’il y a des carrefours, des moments décisifs dont on a pas toujours conscience. Des moments par lesquels on passe lorsqu'on est perdus ou tourmentés. Je ne vois pas de route toute tracée, mais un chemin que l'on dessine soi-même, pas à pas. Peu importe les directions, chacun arpente son propre parcours. C'est ça, le sens de Way. En plus de ça, le mot porte le sens de "façon", "façon de faire". C'est aussi avec l'intention de continuer à composer selon nos façons de faire respectives que l'on a baptisé cet album Way.

■  Et quels en seraient les thèmes, les nouveautés par rapport à vos travaux précédents ?
C: Et bien... sur nos albums précédents, dans une veine pop, pop en japonais, on composait avec des critères simples comme écrire de jolis textes, des mélodies agréables. Cette fois-ci, on s'est donné des challenges sous plusieurs aspects, tel que celui du son. On a voulu composer des chansons telles qu'on en avait encore jamais faites. Par exemple en ce qui me concerne, je chante dans des aigus que je n'avais jamais exploré. On a adopté une approche visant à faire quelque chose de nouveau.
N: Faire toujours la même chose, j'en suis pas capable. C'est avec des changements, des challenges, qu'on a de l'ambiance en studio.

■  Cet album est un album de compositions originales, mais Sotte Bosse a débuté avec des reprises, les compositions n'ayant fait que progressivement leur apparition jusqu'à ce que les reprises finissent par disparaître. Comment s'est passée cette transition ?
C: La composition est quelque chose qui nous paraissait naturel à l'origine, puis les reprises se sont révélées être un atout pour se faire connaître. La raison pour laquelle on a créé Sotte Bosse, c'est pour que je chante en japonais. Au début, on ne pensait pas à des reprises. Et tandis qu'on réfléchissait à ce qu'on allait faire, on nous a parlé par hasard de reprises et on s'est dit "Allez, pourquoi pas essayer !".
N: Avant même qu'on commence à faire des reprises, on avait composé une chanson intitulée hello.
C: Exact, et hello s'est retrouvée sur innocent view, notre deuxième album. Même si l'idée n'était pas de nous, on s'est penché sur les reprises et on y a mis toutes nos forces. Puis après deux albums, comment dire, on a eu le sentiment satisfait d'une "tâche accomplie".

■  Au moment de cette transition, y a-t-il eu des inquiétudes, des réticences ?
N: C'est quelque chose qui va de paire avec tout changement. Mais notre sorte de devise c'était Be honest, Be honest. "Qu'est-ce qu'on fait: des reprises, ou des compos originales ?". On a choisi la deuxième solution.

■  Comment sélectionniez-vous les chansons que vous alliez reprendre ? Dans certains cas vous faisiez appel au vote des fans, c'est bien ça ?
C: C'est exact. On a reçu les votes des fans, à partir desquels on a fait une sélection selon trois critères. Le premier, c'est s'il s'agit d'une chanson que nous aimons. Ensuite, est-ce que Hiroshi entrevoit comment il va pouvoir l'arranger.
N: Parfois je peux m'imaginer comment je vais arranger telle chanson, parfois non.
C: Et enfin, troisième critère, est-ce que je peux chanter cette chanson de façon convaincante. Par exemple certaines chansons sont, dans leurs paroles, leur message, faites pour être chantées par des hommes.

■  Vous est-il arrivé de choisir vous-même ?
C: Pour les deux premiers albums, on a choisi nous-même. C'est pour le troisième que les fans ont pu voté sur Internet.

■  Si vous deviez présenter Sotte Bosse en une seule chanson, à quelqu'un qui ne connaît pas votre musique, quelle chanson choisiriez-vous et pourquoi ?
C: Une chanson de l'album moment probablement... Ah, ou bien Hajimari no Uta (ndlr: signifie "Chanson du commencement")...
N: N'importe laquelle ferait l'affaire (rires).
C: Hmm... c'est dur ! hello ou Hajimari no Uta...! En fait, il n'y a pas qu'une seule chanson qui nous définit. Je dirais qu'il y en a deux. hello représente bien ce que nous sommes dans notre "globalité". Mais si on veut montrer ce que l'on est aujourd'hui, ou ce que l'on va devenir, ce serait Hajimari no Uta.

■  Vous formez le duo Sotte Bosse mais avant cela vous travailliez déjà ensemble au sein du groupe i-dep. Hiroshi Nakamura, comment avez vous rencontré Cana ?
Sotte Bosse - Hiroshi Nakamura
N: Avant toute chose, la première impression que j'ai eu d'elle était funky (Cana rigole). J'ai senti qu'elle avait de nombreuses facettes : funky, élégante, mielleuse,... La première fois qu'on s'est rencontré, c'était dans un café. On buvait un coup, puis elle m'a dit "Écoutez-moi" et elle s'est mise à chanter: "Aaaa~" (rire général).
C: Bien qu'il y avait beaucoup de clients autour... (rire)
N: Je me suis dit "Elle est géniale".
C: Je préfère qu'on m'écoute a capella. Sur une cassette, il y a des choses qui ne se transmettent pas.
N: En fait, j'avais écouté sa demo tape, après quoi j'avais demandé à la rencontrer.

■  Et qu'est-ce qui vous a motivé à faire appel à elle pour le projet i-dep ?
N: Le fait qu'elle ait une bonne voix, bien entendu, mais aussi le fait qu'elle ait beaucoup de caractères. Sa voix s'intègre très bien aux morceaux, et elle peut chanter de nombreux genres. Par exemple une mannequin, qu'elle soit en robe ou en jean, on peut dire "Ah, c'est elle" n'est-ce pas ? De la même façon, Cana chante de la club music pour i-dep et de la pop music pour Sotte Bosse. Et n'oubliez pas, elle est funky (rire de Cana). Bref, c'est quelqu'un qui a de nombreuses possibilités et avec qui c'est très agréable de travailler... Juste un peu trop funky (rire général).

■  (à Cana) Vous êtes d'accord ? (rire)
C: Aaah.. je sais pas trop...!
N: Genre en studio, je lui ai fait écouter un arrangement sympa au clavier et elle me fait "Oooh GREAT!!!" (*dit-il en applaudissant*) (rire général). Je lui ai dit "Chuuut!". Bref, c'est une metteuse d'ambiance.

■  C'est vrai que quand on la voit on s'imagine plutôt quelqu'un de très calme...
N: Exactement!
C: Y a pas mal de gens qui sont très surpris lorsqu'ils me rencontrent... pour ne pas dire tous (rire). Genre "Eh?! C'est donc comme ça que vous êtes?!".

■  Pour changer de sujet, pourriez-vous rappeler l'origine du nom "Sotte Bosse" à nos lecteurs ?
C: Il s'agit comme vous le savez d'un néologisme. L'idée est venu des murmures, chuchotements que l'on peut entendre quand je chante. En italien, on parlerait de sotto voce. En se répétant ces deux mots-clés, Hiroshi a finalement abouti à Sotte Bosse..
N: Y a des sons qui pour nous Japonais sont cools à prononcer. Genre "Michael Schumacher". "Sotto voce", pas plus que ça, mais "Sotto Bosse", mieux.
C: Puis c'est moi qui me suis permis de changer le "Sotto" en "Sotte", ça me paraissait plus original (rire).

■  Pourquoi l'italien ?
N: J'étais en studio avec i-dep, je réfléchissais au nom du duo et il se trouve qu'il y avait un dictionnaire japonais-italien à côté de moi (rire).

■  Justement, cette façon de chanter assez typique de Cana, est-ce quelque chose de naturel, ou quelque chose que vous avez spécialement travaillé pour Sotte Bosse ?
C: (rire) Hmm... personnellement, je ne pense pas que la voix soit quelque chose "de naissance", contrairement à un trait physique par exemple. La voix que j'ai aujourd'hui à 26 ans, c'est le fruit de 26 ans de rencontres, d'expériences. C'est comme ça que je vois les choses, et ma voix continuera à changer au fil du temps.

■  Cana, pouvez-vous nous parler un peu de ce qui vous a amenée au chant et à la musique électronique, ainsi que de vos activités annexes ?
C: Concernant l'electro, ma rencontre avec Hiroshi a beaucoup joué.
N: Au début elle détestait ça.
C: C'est la vérité. (rire)
N: Un coup elle m'a même téléphoné pour me dire "Non, j'veux pas". (rire)
C: Pour ce qui est du chant, depuis que je suis gamine, on peut presque dire que je chante comme je respire. En grandissant, j'ai été dans des groupes avec des copains, on a fait quelques demo tapes... dont celle que j'ai envoyé à Hiroshi avant notre première rencontre.

■  Et vous Nakamura, quel est votre parcours ?
N: Et bien il y a 10 ans de ça, j'étais encore couvreur. Je faisais des toits de maison. Je faisais ça avec énormément de sérieux. Puis un jour j'ai eu un accident, je me suis fracturé la colonne vertébrale. Et le docteur m'a dit: "Quand vous aurez 50 ans, vous ne pourrez plus marcher". C'est après que ça j'ai décidé d'aller à Londres pour un an, juste un an, et après quoi ce serait fini la musique.

■  Eeh ?!
N: Je sais pas pourquoi. Je me disais "Je dois travailler, je dois gagner de l'argent". C'est vrai, faut manger. Puis par chance, y a eu ce label italien... Devenir artiste, c'est quelque chose dont je rêvais depuis que j'étais étudiant, mais je me disais que c'était irréalisable.

■  Pour parler de la scène électronique japonaise d'un point de vue général, l'arrivée d'iTunes, MySpace ou Youtube a beaucoup bouleversé la diffusion des artistes, notamment electro, et vous-mêmes avez donné naissance à Sotte Bosse TV (ndlr: visible sur YouTube) il y a bientôt un an... Quel regard avez-vous sur cette évolution ? Jusqu'où pensez-vous que cela puisse aller ?
N: La musique a ça de super qu'en genre 15 secondes on peut se dire "Waow, génial, je veux cette chanson!". Après quoi on veut plus d'infos, on check des sites,... J'ai moi-même cette soif de découverte, de bonne musique ou de n'importe quoi d'intéressant. Y a par exemple actuellement des recherches dans une université japonaise sur un truc qui consiste, avec l'aide d'un encéphalogramme, de capteurs sur le crâne et tout, à lire tes sentiments, et qui ensuite t'envoies par iTunes telle ou telle chanson, selon si t'es triste, joyeux, etc. Pour la diffusion des artistes par Internet, je souhaite que la bonne musique, pas nécessairement commerciale, se diffuse, et je trouve bien que chacun essaie de faire connaître la musique qu'il aime. Et nous, donc, on fait Sotte Bosse TV, qui est vraiment juste pour le fun, on y fait ce qu'on a envie de faire.

■  L'electro japonaise a toujours été le style musical nippon qui s'exportait le plus facilement. Aujourd'hui la J-Pop commence doucement à se vendre au fur et à mesure que la pop culture japonaise se répand, mais l'electro reste le seul genre à réellement toucher un public plus large que ce marché de niche. Récemment le phénomène semble même s'accélérer, notamment aussi grâce à ces nouveaux supports web de diffusion, et Shinichi Osawa et 80kidz étaient en live en France pas plus tard qu'au mois d'avril. Selon vous, qu'est-ce qui fait que la musique électronique japonaise bénéficie d'une reconnaissance internationale, là où les autres styles musicaux de l'archipel n'arrivent pas à s'imposer ?
N: C'est un truc auquel j'avais réfléchi quand j'étais à Londres... Le fait que les paroles soient en anglais est un avantage, et puis il y a la body music, qui se vit avec son corps plus qu'elle s'écoute avec ses oreilles, et où les paroles ne sont plus nécessaires.

■  Avez-vous personnellement des projets à l'international ?
N: Pas à l'heure actuelle. Mais on aimerait aller à l'étranger.

■  Le mot de la fin ?
C: Euh... Be honest. (rire général)

■  J'en étais sûr. (rire)
N: Faire de la musique en étant soi-même, c'est peut-être ça le plus important. Plutôt que de se dire "Je vais faire ça parce que c'est la mode", on cherche à faire des trucs qui vont nous emballer.

■  On va s'arrêter là-dessus ! Merci beaucoup pour votre temps, et plein de bonnes choses pour la suite, avec entre autres l'album Way qui sera sorti d'ici la publication de cet article !

Pour finir, voici la mikan dessinée par le duo :

Sotte Bosse


Site officiel de Sotte Bosse
PV de Hajimari no Uta sur YouTube
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