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Live report Japan Expo 2009 - 10ème anniversaire
Par Shito, le 11-09-2009 à 21:37:00
La JE n'étant déjà plus toute jeune et le manque de temps invoqué comme une des raisons de fermeture de mimu ne faisant que se confirmer, voici plutôt qu'un cas par cas détaillé un live report global de ce 10ème anniversaire de Japan Expo, ou du moins de sa programmation musicale. Une programmation encore une fois riche et variée : il y en avait pour satisfaire tous les goûts et tous les objectifs, qu'ils soient artistiques ou mercantiles.
Nota : pas de photos pour cause d'équipement défaillant, RV sur JaME et Orient-Extreme qui ont fait ça très bien !

D'année en année la Japan Expo évolue, et si tout est loin d'être parfait, sur le plan musical en tout cas de nets progrès sont à constater au fil des ans. Il faut dire que même si les instances dirigeantes de l'évènement se réservent un droit de vie ou de mort final un peu frustrant sur les propositions qui lui sont faites, le travail d'élaboration de la programmation musicale est confié à des experts, qui connaissent bien leur boulot. Résultat : une liste d'artistes éclectiques, avec une communication plutôt bien fichue laissant une bonne marge d'annonce aux sites spécialisés avant de fournir des infos officielles plutôt complètes sur les différents protagonistes au programme. Et des moyens matériels énormes, avec une gigantesque salle dédiée à la musique, une scène tout aussi monumentale, des installations sonores tout à fait à la hauteur et une organisation presque impeccable, puisque très peu de retards ont été enregistrés, il y a même eu des concerts... en avance ! Pas moins de 15 artistes et groupes invités cette année, un record évidemment, qui montre l'évolution fulgurante du marché français : on est déjà bien loin de l'unique concert d'Anna Tsuchiya en 2006 ! Non vraiment, globalement il y a vraiment de quoi féliciter les orgas, et nous le faisons donc avec d'autant plus de sincérité que nous n'avons définitivement plus rien à y gagner.

■  Jeudi 2 juillet

Au programme du jour, school food punishment, directement amené par Epic Records. La firme nippone, filiale de Sony Music, a bien compris que la JE était un excellent tremplin promotionnel pour la carrière japonaise de ses formations. Après l'expérience SCANDAL plutôt réussie commercialement parlant, Epic fait donc à nouveau découvrir aux français, avec sfp, un groupe en pleine phase de lancement major : ça nous change des has beens, clairement. Devant une salle au remplissage honnête pour un jeudi mais d'un enthousiasme très modéré, le prometteur groupe pop-rock a toutefois livré une prestation décevante car complètement transparente : compositions très uniformes, musiciens amorphes au service d'une chanteuse au charisme en berne, prestation vocale sans relief dans un registre très restreint, bref on s'ennuie ferme tant le formatage est évident. Pourtant sur CD, c'était pas si mal ! Le contraste n'en est que plus probant pour le groupe suivant, Zamza N’Banshee. Et là attention, ça ne rigole plus : quand deux ex-membres de JUDY & MARY (dont le charismatique bassiste Onda) rencontrent deux des artisans du succès d'ECHOES, on ne joue plus dans la même catégorie. Dès les premières notes Zamza'n Banshee met le feu à la foule malheureusement pas tres nombreuse, grâce à une prestation techniquement impressionnante sur des morceaux rock ravageurs et variés, aux teintes parfois rock'n'roll, parfois plus éthniques. Mention spéciale au chanteur Zinc White, complètement barré, qui nous fait régulièrement la danse du dragon sous GHB entre deux couplets, ne chante pas toujours très juste mais avec une vraie touche personnelle dans l'interprétation, et refile son email perso @orange.fr en fin de concert pour que les fans puissent lui écrire. Assurément LA première révélation de cette Japan Expo ! Pour le reste, impasse évidente sur vistlip dont le registre Visual Kei ne nous intéresse guère, tandis que MOSAIC.Wav n'aura guère marqué les exprits avec une prestation à réserver aux fans de pop ultra sucrée orientée gnériques d'anime et autre BO de jeux musicaux. Il en faut pour tout le monde !

■  Vendredi 3 juillet.

Ce jour marque l'entrée en scène des invitées d'honneur du festival : AKB48. J'avoue que de prime abord je n'étais pas chaud : après le Visual Kei, c'ést désormais le phénomène déclinant des idols que les japonais semblent chercher à nous refourguer histoire d'en tirer encore quelques sous. Confirmation avec les tarifs absolument exorbitants des CDs et autres goodies du groupe, tout simplement honteux. Il n'empêche que le succès est carrément au rendez-vous, avec une file d'attente monstrueuse à l'entrée du live house, plus de 5000 spectateurs présents, et une nuée de journalistes tellement nombreux que beaucoup se sont faits refouler de l'avant de la scène. Et puis quand on voit les performances impressionnantes des derniers singles du groupe, finalement ce n'était pas tant un choix au rabais que cela... En dépit de rumeurs laissant craindre une performance au rabais, ce sont bien 16 jeunes filles issues des différentes teams de l'écurie AKB qui se sont présentées au public français, avec une performance tout à fait conforme à leur cahier des charges : playback sur chorégraphies simplistes mais mignonnes avec moult changements de costumes, imperfections assumées pour renforcer le côté "on est des filles normales qui faisons de notre mieux pour devenir des stars", petits speechs en français non dénués d'humour et tout le tralala. Artistiquement sans intérêt, mais l'ambiance est assurée ! Mention spéciale au vieux pervers à l'avant de la foule, un homme âgé d'une cinquantaine d'années qui observait les filles avec un regard lubrique, chantait toutes les chansons par coeur, et dont le visage s'empourprait à chaque fois qu'il pensait que le regard d'une des filles s'était arrêté sur lui : un spectacle à la fois hilarant et terrifiant... Mention spéciale aussi à Sayaka Akimoto et son joli minois, son air pas trop stupide, sa silhouette qui bouge très bien, et son charisme trois cran au dessus de ses consoeurs : elle a à n'en pas douter un potentiel énorme pour une carrière solo ou un rôle de leader dans un girlsband un peu plus matûre, et quitte à passer moi-même pour un pervers j'avoue avoir songé à la demander en mariage...

Arrivées juste derrière, les deux filles de TRILL-DAN ne jouent carrément pas dans le même registre : rock assourdissant et hurlements au programme, avec des réglages de volume sonore effroyables qui nous ont obligés à quitter la salle après seulement quelques chansons, par précaution pour nos pauvres tympans sérieusement endoloris malgré les bouchons. La petite foule présente n'en a manifestement pas moins apprécié la performance, bien que beaucoup de spectateurs se soient eux aussi plaints d'un volume complètement déraisonnable. Résultat : nombreux sont ceux qui sortent reposer leurs oreilles alors même que débute le concert de GARI, celui que nous attendions le plus après la prestation exceptionnelle du groupe à Japan Expo 2007. Et encore une fois, c'était LE concert à ne pas rater de cette édition 2009 ! GARI a littéralement enflammé la foule, mais aussi le parterre de journalistes : c'est tout le JE Live House qui s'est ainsi transformé en discothèque géante pendant 45 bonnes minutes sur les sonorités electro-rock très dansantes du nouveau mini-album du groupe. Une performance dantesque, jouissive, avec un espace sonore incroyablement bien utilisé et un jeu de scène plus au point que jamais. GARI a pu confirmer une nouvelle fois son statut de monstre scénique, et l'on ne peut qu'espérer que cela finira un jour par se traduire en un succès commercial probant sur le marché français, qui serait plus que mérité. Reste Ra:IN, le groupe de PATA fidèle à lui-même avec un concert rock progressif qui a ravi les nombreux fans présents, pour la plupart frustrés par le showcase un peu léger de l'an dernier; pour notre part, c'était pas notre truc, donc on a zappé...

■  Samedi 4 juillet.

Après avoir subi les âneries de nos amis de la RATP/SNCF, la journée commence pour nous par le défilé Harajuku, où Kanon Wakeshima et sa pitoyable prestation complètement fausse et scéniquement ridicule auront logiquement été bien plus acclamés que le passage rafraîchissant de MEG, la salle étant à majorité remplie de fans de Visual Kei et autres gothiqueries malheureusement pas encore passées de mode. Chant live (irréprochable) sur bande playback, chorégraphies mignonnes et sourires radieux : MEG a fait son boulot proprement, venue livrer ses 3 chansons en sa qualité d'égérie electro honorant un contrat de représentation, et puis s'en est allée comme elle est venue. Nous avons raté Yui Makino pour cause d'interview sur ce créneau, aussi passons directement à PUFFY, duo ausis mythique que has been qui a lui aussi très bien honoré son contrat, bien qu'ayant moins électrisé la foule que les AKB48. Il faut dire que les deux demoiselles n'ont pas manqué de cynisme à l'égard de ce public qui ne comprenait pas leur langue, et que leur concert a vite pris des airs de disque rayé, la faute à une orchestration rock de bonne facture mais très, très répétitive qui avait en plus le malheur de couvrir complètement les voix des chanteuses. Les choses sont claires de toute façon : les PUFFY sont venues en France pour faire leur promo au Japon, j'en veux pour preuve que la quasi-totalité des badges presse se sont faits éjecter de l'espace réservé en milieu de concert afin de laisser le champ libre à la TV nippone. Comme mentionné plus haut, les AKB48 ont ensuite réédité sans mal leur succès de la veille devant une foule encore plus importante, en présence cette fois de Carla Bruni venue supplanter Sophie Marceau (les spectateurs du jour comprendront). Quant à school food punishment, le groupe a livré une prestation certes un chouilla plus inspirée musicalement que celle du jeudi, mais encore bien bien loin de valoir certaines éloges que l'on peut lire ça et là sur le web français...

■  Dimanche 5 juillet.

Pour le coup, le programme de ce dimanche n'est pas le plus enthousiasmant qui soit, et nous n'y ferons pas long feu. Chapeau tout de même à SUNS OWL, sans surprise : c'est un groupe labellisé SOUNDLICIOUS donc forcément un groupe de qualité, excellent dans son genre, à savoir un hard rock musclé et ravageur qui n'avait aucune chance de nous plaire à la base, mais que nous avons finalement écouté avec plaisir tant le groupe a su mettre une ambiance de folie. Le spectacle était en effet au moins autant dans la salle que sur scène, les djeun's découvrant le pogo et le slam traditionnels de ce genre de concerts, jusqu'à ce que le staff de sécurité complètement paniqué ne vienne interrompre les accrobaties. C'était toutefois sans compter sur la persévérance des fans, qui ont fini par faire abandonner la lutte aux gorilles après que ceux-ci aient compris que le risque était finalement faible vu la carrure tout sauf impressionnante des excités. La fête a ainsi pu battre son plein, pour le plus grand plaisir d'un groupe qui avait l'air halluciné de faire tant d'effet à ce genre de public. A part ça on repassera, ou pas d'ailleurs : Aoi, ses cheveux longs et ses mièvreries visualeuses, non merci; Asuka et sa soupe insipide sous couvert de vulgarisation de la musique traditionnelle, bof; quant à Kanon Wakeshima et son carton plein devant plus de 6000 otaku conquis, non là vraiment c'est trop : faut pas s'étonner si les gens de Wasabi Records se sentent plus pisser, c'est carrément criminel de réserver un accueil aussi enthousiaste à un live aussi pathétique...

Une conclusion ? Pourvu que ça dure ! Certes la programmation est loin de nous avoir enchantés dans son intégralité, mais objectivement, l'équilibre était plutôt bien trouvé. AKB48 et PUFFY en stars grand public, GARI en coup de coeur qu'on est heureux de retrouver, Zamza N'Banshee en "découverte" ultra-crédible de l'année, et pour le reste de quoi distraire un peu tout le monde : c'est tout de même plutôt pas mal. Que demander de plus ? Une vraie popstar peut-être ? Une petite place pour quelque chose de plus folk, genre un artiste masculin solo ? Et puis surtout une vraie représentation de l'electro/electro-pop serait bienvenue ! Nombreux sont ceux qui affirment que les Perfume seraient sans doute un excellent choix pour le public de la JE, et la remarque est effectivement pertinente : voilà une piste de travail intéressante ! Pour le reste, espérons que le staff musique 2010, qui sera au moins partiellement renouvelé, saura continuer sur sa lancée en allant toujours plus loin dans cette ligne éditoriale qui fait aujourd'hui de la Japan Expo un évènement J-music incontestablement incontournable.
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