mikan music archives

Voir le dossier

La nouvelle scène electro japonaise
La nouvelle scène electro japonaise
Dossier publié par Shito & Ananda le 15-10-2007
Présentation
Une nouvelle scène héritière du Shibuya-kei
Publié par Ananda le 15-10-2007

■  A l'origine, le Shibuya-kei

Pizzicato Five
Le Shibuya-kei tire son nom du fameux quartier de Tôkyô où il prend son essor au début des années 90. On trouve à son origine les duos Flipper's Guitar et Pizzicato Five, des groupes nés dans les années 80 qui assument des références communes : le yé-yé français et le rock des années 60. Leur musique mélangeant de manière sophistiquée ces références occidentales va commencer à gagner en popularité dans les années 90. On constate à l'époque l'émergence d'une scène pop alternative adulée par un public branché qui se rebelle contre les standards trop "accessibles" de la jpop commerciale. Les artistes portés aux nues à l'époque, comme Kahimi Karie, Fantastic Plastic Machine, Cornelius ou Takako Minekawa incorporent chacun à leur production une vision personnelle d'une musique occidentale dont ils se sont nourris et qu'ils ont digérée. Paradoxalement pourtant, beaucoup de ces artistes clament être les véritables initiateurs d'une véritable Jpop, purement japonaise, par opposition à la musique commerciale nippone selon eux... trop calquée sur les standards occidentaux !

cornelius
Si les critiques sont élogieuses, rares sont ceux qui parmi tous ces artistes rencontrent le succès commercial. Paradoxalement, l'impact populaire est important, en particulier sur Tôkyô. L'assimilation du mouvement musical à un mouvement englobant d'autres domaines liés à la mode ou au design renforce encore d'avantage son aspect branché. Cependant, le Shibuya-kei, réécriture moderne de standards anciens, a tendance à mal vieillir. La plupart des artistes se tourne vers une musique plus expérimentale alors que la popularité du mouvement en elle-même décroît dès la fin des années 90. Symbole de cette baisse de forme : entre 2004 et 2006, deux des magasins les plus emblématiques du mouvement ferment leurs portes.

■  Naissance d'une nouvelle scène électro aux inspirations multiples

Fantastic Plastic Machine
Dans ce contexte, pendant plusieurs années, les artistes se réclamant de la mouvance Shibuya-kei eurent du mal à s'imposer sur le devant de la scène. La plupart des nouveaux venus à ce style musical étaient issus du DJing, en tant que résidents dans des boîtes de nuit à la mode, ou attitrés au mixage de compilations pour diverses maisons de disques, parfois étrangères. Plusieurs de ces DJs furent aussi employés par des maisons de disques comme remixeurs réguliers, et certains d'entre eux ne sont pas totalement inconnus des fans de Jpop. A ce petit jeu, Fantastic Plastic Machine a notamment placé la barre très haut. Tout d'abord, la liste des artistes pour lesquels il a réalisé des remixes est longue et impressionnante : Ayumi Hamasaki, Every Little Thing, m-flo, Dragon Ash, pour ne citer que les plus populaires parmi de très nombreux autres... Parallèlement, FPM a également joué les producteurs sur des morceaux pour m-flo ou Yuki Koyanagi entre autres. Quant à son confrère et ami Towa Tei, il remixe pour m-flo ou Aya Ueto, compose et arrange pour Kylie Minogue... Le tout sans compter sur les nombreuses collaborations entre les artistes du mouvement qui travaillent très régulièrement ensemble et remixent mutuellement leurs morceaux.

capsule
La seconde vague du Shibuya-kei, parfois dénommée neo-Shibuya-kei, trouve ses origines à la fin des années 90 et a produit ses têtes d'affiche au début des années 2000. Si parmi les artistes concernés on compte quelques rescapés de la première heure, l'essentiel de cette nouvelle scène est issue de jeunes DJs et compositeurs dont la jeunesse a été bercée par les standards du Shibuya-kei, et qui se sont par la suite inspirés de l'esprit de cette musique pour l'insuffler à leurs productions dans d'autres styles. Un élargissement qui conduit d'ailleurs à de nombreux conflits quant à la légitimité actuelle du qualificatif de neo-Shibuya-kei, certains venant de la scène jazz ou nu jazz, d'autres étant des pionniers de la house, tandis que les derniers sont restés fidèles aux sonorités pop qui animaient la musique de leur adolescence. Mais loin de se focaliser sur ces clivages purement sémantiques, après plusieurs années de maturation dans un anonymat quasi-complet, tous ces artistes se sont retrouvés autour d'une forme de consensus qui constitue aujourd'hui ce que l'on appelle plus communément la nouvelle scène electro japonaise. Les albums les plus récents des différents artistes de la nouvelle vague nippone, qui collaborent régulièrement entre eux, varient le plus souvent les genres entre quatre dominantes principales nées de la formation et des inspirations originelles de ces musiciens :

- l'electro-pop, caractérisé par ses sonorités acidulées, ses petites incursions dance et ses voix féminines mignonnes, dont Yasutaka Nakata est aujourd'hui avec son projet capsule le principal représentant, talonné par Hiroshi Nakamura (i-dep) et son projet Sotte Bosse;
- le club jazz, aux origines plus conventionnelles, porté par des artistes issus de la scène nu jazz et acid jazz comme Jazztronik ou FreeTEMPO;
- la house lounge, forme hybride de musique house qui a repris la rythmique low-tempo et l'esprit épuré caractéristiques de nombreux morceaux Shibuya-kei, dans laquelle officient DAISHI DANCE et récemment Shinichi Osawa (MONDO GROSSO)
- la bossa nova, réminiscence du Shibuya-kei de la première heure avec ses inspirations françaises, et dont on retrouve encore aujourd'hui les accents sur certains morceaux de la plupart des artistes de cette nouvelle scène électro.

■  Le lancement d'iTunes au Japon fait exploser le phénomène

MONDO GROSSO
A l'arrivée d'Itunes au Japon, tous ces jeunes artistes voient dans cette nouvelle plateforme l'occasion de se faire connaître, à l'heure où ils restent noyés au sein d'une scène électronique japonaise déjà surchargée par une multitude de DJs reconnus officiant dans des registres plus expérimentaux et underground. Alors que la population adolescente se tourne massivement vers les téléchargements pour téléphone portable, au format Chaku-Uta, les étudiants et les jeunes adultes, moins intéressés par la pop overproduced et le rock sclérosé hégémoniques sur le marché, profitent de l'Internet pour élargir leurs univers musicaux. iTunes leur offre cette opportunité de découvrir de nouveaux artistes, et les partenariats noués très tôt avec les artistes de la nouvelle vague permettent la naissance d'un phénomène à la croissance soutenue. La part de marché représentée aujourd'hui par cette mouvance sur la plate-forme de téléchargement d'Apple est proprement impressionnante, à la faveur notamment de concerts et lives promotionnels organisés dans les différents Apple Stores de l'archipel.

i-dep
Du côté des classements au téléchargement, les artistes de la nouvelle scène électro nippone se distinguent assez peu en ce qui concerne les ventes de chanson à l'unité dans les charts globaux. En revanche, ils font très bonne figure du côté des ventes d'albums complets. Le nouvel album de remixes (par nature relativement anecdotique) de capsule se retrouve ainsi dans les sommets des ventes, et Sotte Bosse triomphe en classant durablement non seulement son troisième album mais également le précédent dans le top 20. C'est cependant dans les charts électro que le carton est le plus probant : en ce qui concerne les albums complets, on retrouve au 13 octobre 2007 Yasutaka Nakata aux deux premières places, avec capsule rmx et COLTEMONIKHA, alors que tous les albums de capsule demeurent dans le top50, dont 3 dans le top 10. Fine Tuning d'i-dep occupe la troisième place et le top 20 est littéralement monopolisé par les représentants du genre. Même constat d'omniprésence sur les morceaux électroniques à l'unité, reléguant au second plan les artistes les plus reconnus des scènes techno expérimentale et electro underground.

Par voie de conséquence on assiste à une percée, certes moins impressionnante, dans l'Oricon des tous ces producteurs issus de la mouvance neo-Shibuya-kei, et les chiffres de ventes réalisés par ces artistes connaissent une croissance soutenue. A leur tête : Sotte Bosse, projet porteur puisque composé pour partie de reprises de chansons populaires, et dont le deuxième album s'était classé en tête des charts indies pour finir par s'écouler à 160.000 exemplaires.

■  La reconnaissance internationale

Dimitri From Paris
Dans les années 90, le Shibuya-kei fut avec la techno expérimentale le premier style musical japonais à s'exporter à l'Occident. Des artistes comme Cornelius, Fantastic Plastic Machine et surtout Pizzicato Five ont ainsi vendu beaucoup, beaucoup plus de disques en Occident que toutes les stars actuelles de la Jpop ou du Visual Rock réunies. Il faut dire qu'avec ses influences inspirées de la "french music" et des standards américains des années 60-70, cette mouvance est bien plus accessible aux auditeurs occidentaux à la recherche de nouveau horizons "branchés"... Aujourd'hui, ce mouvement vers l'international continue : les artistes de la nouvelle scène électro japonaise appraissent ainsi régulièrement sur diverses compilations destinées aux marchés européens et américains. Les plus établis d'entre eux, poussés vers la sortie par les petits nouveaux sur le marché japonais, signent des remixes pour des artistes occidentaux : Fantastic Plastic Machine remixe pour St Germain, CHIC ou encore Fatboy Slim, MONDO GROSSO pour Jamiroquai... Mais l'échange s'effectue également en sens inverse. On assiste ainsi à une vague d'artistes se réclamant directement, ou pouvant être référencés comme appartenant à la mouvance Shibuya Kei. C'est notamment le cas du Français Dimitri from Paris, ou de l'Ecossais Momus, qui a lui-même écrit sur le Shibuya-kei...
Layout :
zone membre
Connectez-vous avec vos identifiants du forum :

login

password

Connexion permanente

Inscription - Mot de passe perdu
Actuellement 115 visiteurs sur le site
publicité
L'Arc~en~Ciel live in Paris DVD
partenaires
Nos partenaires :

Jpopdb CDJapan Yesasia Last.fm SOUNDLICIOUS Wasabi Records J-music Distribution J-music Live J-music Store Higashi Music Orient-Extreme Memorial Hamasaki Anna et Olivia Jmusic Collection AyuAngel French Capsule EMIKO SHIRATORI RURUTIA ARAI AKINO Not Your God


Voir tous les partenaires
recherche
publicité